Ces derniers mois ne se sont pas déroulés là-haut pour moi, au delà de la lenteur de mes révisions, mes prospectives professionnelles étaient floues, et mon porte-monnaie accusait de trous d’où fuitaient quelque peu de mes espoirs par la même occasion.

Mais aujourd’hui que le navire a retrouvé sa stabilité sur une mer presque calme, je me suis fait violence et à mi-novembre je me suis inscrit pour une session d’examen du PPL théorique.

La structure d’une licence de pilote privé

Le PPL, pour Private Pilot Licence, se découpe en deux parties.

La première, le théorique, est un examen réalisé sur papier ou ordinateur, qui signe le niveau de connaissance nécessaire du pilote. Sous forme de QCM, il faut avoir 75%. Il m’a d’ailleurs paru surprenant que du côté des pilotes ULM, s’ils ont plus de 90% ils ont la possibilité tout de suite de se proposer instructeur. Cela me paraît léger, mais soit.

Et donc la seconde est la partie pratique. En vol avec un examinateur, on doit prouver savoir voler et gérer certaines situations.

Au delà de ça il y a quelques conditions, par exemple avoir 17 ans révolus et avoir volé au moins 45h, dont 25h en double commande et 10h en solo supervisé.

Mon inscription

Je me suis donc inscrit à l’examen théorique du 15 décembre 2015. Le 15 novembre j’avais une vision globale sur les connaissances nécessaires, mais seulement 10-15% du savoir requis.

Je l’ai appris plus tard, moi et les papiers ça se fait toujours dans cette chronologie, mais si pour s’inscrire rien d’autre n’est requis que de l’argent, pour avoir l’examen il ne suffit pas de le réussir, il faut aussi une lettre de recommandation du chef-pilote de l’aéroclub. J’ai donc mis le chef-pilote devant un fait accompli avec mon inscription déjà engagée, malgré moi.

Cependant il a sut me faire confiance, et c’était apparemment une bonne idée. Sinon d’ailleurs, j’aurais gracieusement offert 60€ à la DGAC qui ne sont pas les personnes les plus dans le besoin en ces périodes hivernales (hop, petit lien gratos).

Révisions

Les révisions étaient difficiles pour être honnête.

Tous les soirs, le matin si possible, dans le bus et le tramway si le mal des transports ne m’attrapait pas, tous les week-ends et à mes pauses je révisais. Je refusais des invitations à boire un verre, aller au ciné ou dîner entre amis. Je m’interdisais de lire mes livres, toucher à ma guitare, jouer à ma PS3, aller courir ou faire de l’aikido pour rattraper un retard qui ne donnait que l’impression de s’accumuler plus j’avançais.

Alors ce fut bref, seulement un mois de révisions. Ce fut pourtant éprouvant, apprendre à apprendre, c’était encore quelque chose à parfaire.

Je vous montre brièvement mon petit studio, dont les murs m’ont bien supporté :

Mon bureau, où j’ai passé beaucoup de temps. 😉

 

Sur le flanc de mon lit quelques lectures m’accompagnaient et m’accompagnent encore !

Donc ce fut un mois de révisions intense, avec des nuits blanches pour lesquelles ma reconnaissance va tout droit à Red Bull, Haribo et Monster Munch.

Mais surtout, sans deux sites Internet je n’aurais certainement pas réussi. Ceux-ci sont Aérogligli, et Chezgligli.

L’équipe de ces deux sites est très disponible, souvent ils répondaient à mes questions en quelques heures, parfois tard le soir. Qui plus est, ils se montrent d’une sympathie remarquable.

Chezgligli propose les QCM des questions précédemment posées aux examens, avec réponses et explications. Il y est possible de commenter afin de poser des questions ou apporter des remarques ou compléments d’information.

Aérogligli propose aussi des QCM, mais surtout il propose des cours imagés, pédagogiques, soigneusement rythmés et commentés avec parcimonie. Là aussi il est possible de commenter.

Je ne saurais que conseiller l’usage de ces deux sites à quiconque souhaite entreprendre un PPL.

Ainsi donc le mardi 15 décembre, après deux nuits blanches et une grippe contraignante, je me suis présenté à l’aéroport de Bordeaux Mérignac pour participer à l’examen.

L’aéroport de Bordeaux Mérignac en A321

L’examen théorique du PPL

Je donnerais plus de crédit à une prostituée de 60 ans disant qu’on peut coucher ensemble sans capotes qu’aux bus Bordelais m’informant qu’ils arriveront à l’heure. Dans cet état d’esprit, j’ai entrepris de partir deux heures en avance.

Installé dans un bar de l’aéroport avec mon jus d’orange pressé (merci à la ravissante Léa), je scrutais mon téléphone pour relire rapidement des QCM corrigés sur Chezgligli.

8h30, je patiente au bureau des examens de la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile), quelques minutes plus tard on me communique des identifiants en m’invitant à me connecter sur l’un des ordinateurs de la salle.

Je dois avouer que le logiciel dédié à l’examen est très efficace, même si comme beaucoup des outils du service public, il n’est pas la plus belle du bal. Le temps accordé à chaque QCM est très grand par rapport au temps nécessaire, même après plusieurs relectures il me restait une heure de libre au premier, et plus d’une demie heure au second.

Le premier étant réalisé, je sors de la salle pour apprendre que j’ai réussi le test. On me confie un document détaillant ma victoire, et on m’invite à passer le second en me proposant une pause que je refuse, la fatigue commence à prendre le dessus et plus tôt ce sera fini, plus tôt je serais dans mon lit.

Le second se réalise tout aussi rapidement, quelques relectures, je sors et là, petit suspens :

Est-ce j’ai réussi le QCM Monsieur ?

Je vais voir… Hmm, je vérifie, je n’aime pas donner de mauvaises nouvelles…

Ha.

Hm. Alors, il fallait 36 bonnes réponses, et vous en avez eu… 36 !

Un peu de tristesse s’est emparée de mon coeur sur ces paroles, les révisions ne s’annonçaient donc pas terminées… Mais je l’ai eu, et l’on m’informe que c’est ce qui importe. Je partirais tout de même le sourire aux lèvres, heureux d’avoir terminé cette période laborieuse, ravi à l’idée de bientôt retourner voler, et enchanté de m’imaginer avoir le PPL dans quelques mois.

Petite anecdote, en quittant l’aéroport j’ai croisé un commandant de bord et son copilote. Je lui ai simplement serré la pince pour l’informer que je venais de réussir la partie théorique de mon PPL et que j’espérais le croiser un jour là-haut dans un avion, tout en lui souhaitant de bonnes fêtes. Un large sourire s’est dessiné sur son visage, et ce dernier a accompagné le mien.

Quoi qu’il en soit le PPL n’est pas terminé, même si j’ai passé une étape importante. Maintenant, il faut voler, et je suis ravi de retourner à mon aéroclub dès janvier.

Minji

La réussite de cet examen se lie naturellement à un sourire franc, mais je ne peux m’empêcher de l’associer à Minji.
Minji n’est pas une amie proche, mais je tiens beaucoup à elle. C’était une fille qui respirait la joie, à tel point que si l’on m’avait demandé laquelle de mes amies était la plus heureuse, j’aurais certainement cité son prénom. Elle était d’une grande générosité et d’une gentillesse inévitable. Mon amitié pour elle est très pure.

Quelques jours avant mon examen, le lundi 7 décembre, elle a mis fin à ses jours, d’une manière indescriptible sinon que surprenante.

Cela aura été un choc, mais surtout une perte importante, et mes pensées pour elle m’ont accompagnées durant ces révisions, et pendant l’examen.

Je lui dédierai mon premier vol après l’obtention de ma licence, au nom de notre amitié, et au nom de la promesse que je lui avait faite de l’emmener dans mon avion.