Je vais parler très personnellement d’une jolie aventure. Et de la fin de celle-ci.

C’était une très belle histoire, une de ces histoires qui ne se termine pas parce qu’elle a transformé des gens, parce qu’elle a changé des vies. Alors il n’y a pas de fin que je regrette, juste de nouvelles histoires que je leur souhaite.

Je contextualise : à 18 ans, en 2009, je ne suis plus pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. M’approchant dangereusement de la rue un ami m’héberge. Je n’ai pas put jusque là assouvir toutes mes envies d’animes, de jeux vidéo ou d’informatique. J’ai une vie instable, rien ne se passe très bien mais j’ai envie de réussir.

Chez cet ami donc, j’allume la télévision que je n’ai pourtant pas l’habitude de regarder. Dans la liste, loin, un nom se démarque de tous : Nolife. Forcé par ma curiosité, j’y accours pour trouver une chaîne « amateure » de passionnés Parisiens dans leur cave : cette chaîne a 2 ans.

Je ne veux pas ici retracer l’histoire de Nolife.

Mais leur sincérité me touche. Ils parlent des mots qui me parlent, ils rient de blagues qui m’amusent, et il le font à contre-courant. Parce que diffuser une chaîne de télévision semble contraindre et coûter cher, il est curieux de voir des amis le faire tout souriant à leur manière : unique, folle et sincère.

Je découvre alors des personnes qui, l’une après l’autre, me séduisent. Tous partagent le trait commun de la sincérité et de l’éthique. Certains rigoleront de pipi et de caca, d’autres d’absurde. Certains passeront des heures sur un projet, d’autres des heures sur un sujet.  Et à ma portée vient une montagne de connaissances, une quantité assommante d’anecdotes, et la porte ouverte sur une radieuse communauté de geeks.

Sur le forum du site je me serais fait des amis qui encore aujourd’hui, 8 ans plus tard, perdurent. Je me serais aussi fait des amis plus éphémères, pensée émue pour Fizz ou Wormz. J’aurais fait des rencontres peu agréables, mais il en faut pour une jolie histoire j’imagine. J’aurais rencontré tout ce beau monde aux festivals, aux concerts…

Et c’est pour ça que j’ai contextualisé au début de cet article. Jusqu’à Nolife, j’ai connu une solitude forte. Leur passion a rassemblé beaucoup de personnes, et je ne dois pas être le seul pour qui cela aura été un tournant mémorable.

En même temps que la chaîne se battait pour survivre et grandir, je me battait pour les mêmes raisons.

Je n’ai pas put aider Nolife comme je l’aurais voulu, mais j’ai tenté tant bien que mal de leur rendre tout ce pour quoi ils étaient à l’origine dans ma vie par des remerciements ou des dons.

Et Nolife a merveilleusement bien grandi, c’était très beau à voir et à vivre.

De mon côté Nolife m’a beaucoup inspiré. Davy par exemple, et ça c’est pas le plus beau, est à l’origine de mes essais en BD à mes 18 ans… Mais j’aurais appris du charisme de certains, de la confiance d’autres et j’en passe.

Je suis tombé à la rue, puis j’ai eu une vie plus stable, puis j’ai réussi à partir au Japon, ainsi de suite. J’ai eu quelques amis, mais beaucoup de solitude.

Nolife m’a aidé en ce sens qu’il m’a montré par ses faits que persévérer amène le mérite, créé le succès.

J’ai rêvé grand, devenir pilote de ligne, mais ce sont mes yeux qui m’ont cloué au sol. Tout le reste, je me donnais les moyens comme le staff de Nolife me l’inspirait.

Aujourd’hui j’ai une chérie, qui a tout changé à sa manière. J’ai un joli appartement à la place de studios miteux. J’ai un chat adorable et un projet professionnel plaisant et bien en marche. Et lorsque j’approche du but, là, Nolife est contraint de poser genou à terre : cette chaîne approche alors des 11 ans.

Et… ça fait quelque chose.

Il n’y a plus grand chose à dire, parce que cet article dit tout ce qui doit venir de moi. Une estime et une amitié qui va de soi, le rêve de les revoir plus tard.

C’était une très belle histoire, une de ces histoires qui ne se termine pas parce qu’elle a transformé des gens, parce qu’elle a changé des vies. Alors il n’y a pas de fin que je regrette, juste de nouvelles histoires que je leur souhaite.

Au revoir

Là vient de se terminer la soirée de clôture pour la chaîne. J’édite cet article donc, pour éponger mes émotions et les marquer dans le temps.

Ce soir beaucoup auront échangé leurs souvenirs et leurs amitiés les plus sincères. Sûrement, de l’extérieur, tout ça doit paraître maladroit ou tout du moins étrange.

Il y a des acharnés du travail, des gens emplis de bienveillance et de bonne idées. Bref, il y a des gens bien qui sont tristes ce soir. Et tous ceux qui vouaient pour eux respect ou amour, ce soir, se recueillent.