Arrêter d’offrir ses données personnelles pour rien : au revoir Google !

Arrêter d’offrir ses données personnelles pour rien : au revoir Google !

4 mai 2019 0 Par tenace

J’ai réalisé que quitter les requins numériques que sont Google et compagnie ne m’a rien coûté ni en confort, ni en praticité. J’ai considérablement gagné par contre en sérénité et en confiance de mes outils.

Pourtant j’ai aussi une utilisation professionnelle d’Internet, et il s’est avéré que cette utilisation n’est aucunement handicapée.

Cet article se décompose ainsi :

  • Brièvement, pourquoi avoir supprimé mes comptes Google, Facebook, Instagram et Microsoft ?
  • Est-ce difficile ?
  • Et après, quelle différence ça fait ?
  • Quelles solutions ai-je choisi ?
  • Est-ce handicapant pour un professionnel de quitter les remarquables outils de Google ?
  • Comment en savoir plus sur le besoin de protéger ses données ?
  • Conclusion

Brièvement, pourquoi avoir supprimé mes comptes Google, Facebook, Instagram et Microsoft ?

Je ne souhaite pas que toutes mes recherches et interactions sur Internet soient enregistrées par des compagnies américaines pour :

  • Me proposer une publicité cohérente avec mes envies du moment en analysant ma personnalité et toutes les données disponibles comme mes positions géographiques, mes SMS, mails, appels téléphoniques, photos, etc.
  • Conserver un historique de tout ce que je fait disponible pour la NSA, pour des publicitaires, et pour un pirate ayant réussi à accéder à l’un des mes comptes.

Cependant, même en ayant supprimé mes comptes je reste facilement pisté malgré l’utilisation de Brave ou de logiciels cryptés. Je resterai toujours visible par Google, mais ils auront moins de données.

Est-ce difficile ?

C’est tellement facile… Les alternatives ont très bien évoluées, de plus en plus de personnes souhaitent protéger leurs données privées ce qui a pour effet de consolider cette demande.

Et après, quelle différence ça fait ?

Avant, même si je faisais avec, je savais que la grande majorité de mes clics étaient vus et enregistrés quelque part pour m’observer et deviner qui je suis. C’est toujours le cas aujourd’hui, malgré les protections que je cherche. Ce n’est pas ça qui change grand chose.

Ce qui fait la différence, c’est que je pense que dorénavant les données me concernant chez Google et ses amis sont moins centralisées, moins ouvertes sur ma personnalité.

En utilisant Messages de Google, je savais que Google avait accès à mes SMS. En utilisant Google Photos, je suspectais vraiment que Google gardait les photos que je supprimais. En utilisant Facebook, je savais que s’il y avait un bouton J’aime ou Partager sur un site, Facebook savait que j’étais passé par ici.

Aujourd’hui, en utilisant Signal personne n’a accès à mes messages sauf moi et mon interlocuteur. En ne mettant plus mes photos en ligne via le cloud (autrement dit l’ordinateur de quelqu’un d’autre) toute ma vie personnelle reste personnelle. Brave bloque les boutons J’aime et Partager de Facebook.

Il ne s’agit pas de me battre contre la capture de mes données personnelles, mais plutôt d’arrêter de les donner sans réfléchir.

Je serais toujours surveillé et analysé en utilisant Internet, et je n’y peut rien. Mais des personnes extraordinaires ont réussi à réaliser les mêmes outils que Google nous proposent contre nos données personnelles, mais ces personnes extraordinaires ne nous demandent pas ces données personnelles. Alors, pourquoi rester chez Google ?

Quelles solutions ai-je choisi ?

  • Android : /e/. C’est une alternative made in France, dédiée à la protection des données privées et à la séparation du contenu personnel avec Google. Le projet vaut le coup d’œil. L’installation n’est pas complexe, même si elle demande de l’attention puisque le projet est en phase bêta. La liste des smartphones pris en charge.
  • SMS, Messenger ou Skype : Signal. C’est l’application semblant la mieux protégée et sécurisée, devant Telegram.
  • Navigateur Internet : Brave. Même si garde Firefox jamais bien loin.
  • Play Store : F-Droid et Yalp.
  • Google Maps et Waze : Magic Earth. Et grande surprise, je préfère Magic Earth à Waze pour le guidage GPS.
  • Mail : Protonmail.
  • Agenda : Simple Calendar Pro.
  • Google Drive, Calendar, Contacts, Photos : NextCloud. Je ne l’utilise que pour le partage de certains fichiers, mais comme avec Google on peut synchroniser des photos, contacts etc.
  • Notes : Simple Notes.
  • Double authentification : Authy.
  • Lecteur de flux RSS : Feeder.
  • Lecteur de podcasts : AntennaPod.
  • Twitter : Tusky pour smartphone, Tootle pour desktop, avec un compte Mastodon.
  • VSCode : VSCodium.
  • Microsoft Office : LibreOffice. J’utilise encore Microsoft pour des fichiers déjà commencés, mais les nouveaux seront libres.

Pour les autres applications de mon téléphone, comme Le Monde, Medium ou LinkedIn, je préfère utiliser Brave et son système de favoris. Aujourd’hui les sites sont en grande partie aussi complets que les applications sur téléphones mobiles. Et ils prennent beaucoup moins d’espace mémoire.

Est-ce handicapant pour un professionnel de quitter les remarquables outils de Google ?

Aujourd’hui, non. Avant tout, en utilisant Drive ou n’importe quel outil de Google vous mettez les données de votre société dans les mains américaines de Google et de la NSA.

Ensuite, avec les alternatives que je donne au dessus, je pense qu’il n’y a aucun intérêt majeur à rester chez Google. D’autant plus que les solutions self-hosted permettent de mieux contrôler la confidentialité des données propres à l’entreprise.

Comment en savoir plus sur le besoin de protéger ses données ?

Avant tout, il faut filer chez Nitot qui a fait un très chouette livre factuel et bien renseigné : surveillance://.

Tristant Nitot a aussi fait des conférences intéressantes, disponibles sur l’inévitable YouTube. Celle-ci ne laisse pas aller Nitot au bout de ses slides, mais on y apprend déjà beaucoup de choses.

La charte de Framasoft (encore du made in France).

Toujours du made in France, parce qu’on a des perles, la Quadrature du Net sont très bons et toujours intéressants à lire.

Conclusion

Je suis surpris qu’autant d’alternatives fiables et gratuites soient disponibles. La popularité de Google et compagnie réussit à complètement cacher le travail grandiose de beaucoup d’autres. Si toutes les solutions avancées dans cet article sont gratuites, je pense aussi que payer pour un produit payant respectueux de nos données personnelles mérite mieux notre considération que les offres gratuites dévorant toutes les informations nous concernant.

Le combat pour la protection des données personnelles n’est pas nouveau, mais il a le vent en poupe. La France est brillante dans ce domaine, et je pense qu’elle fait bien. Je pense que ce combat est nécessaire, et j’espère moi aussi y contribuer. Déjà à faible mesure avec cet article, puis plus tard sûrement avec du code.