Damien Delurier a récemment rédigé un article sur son blog : Sortir des réseaux sociaux (5 minutes de lecture), où il met à mal les réseaux sociaux et explique pourquoi il les a quitté.

Au passé j’ai déjà partagé son avis. J’ai décidé de partager avec lui mon nouveau point de vue et, comme celui-ci ne me paraît pas idiot, je saisis cette occasion pour mettre mon commentaire sur mon blog. Bonne lecture !

Le mal des réseaux sociaux

Je pense que les réseaux sociaux transportent le mal de l’humanité (mais pas que !), ce même mal que des rencontres, des soirées ou des dîners mettent tout aussi bien en avant. Pour autant, les réseaux sociaux et les dîners sont-ils à fuir ?

L’immonde gestion des données personnelles des plus grands m’a invité à fuir ces réseaux. Mais je suis revenu il y a quelques semaines sur Twitter.
Comme aux dîners : le contenu dépend très largement des invités, et on peut y trouver des choses édifiantes.
Je vois parfois, en dehors de ma timeline, ces commentaires et tweets qui clairement fondent votre vision de la chose. Mais heureusement, il y a tout un autre monde.

Pour ma part, suivre l’actualité aéronautique est beaucoup plus simple, pratique, rapide et souvent même plus intelligent sur Twitter que par d’autres canaux, parce qu’il y a de très bons participants : @chcuny, @LChaineSpatiale, @CDBDSF, @zepiaf, @PeurAvion, @gilleslaurent81, @Lustublog entre autres (c’était ma déclaration d’amour gratuite).

Pour les autres actualités tel que l’IT ou la politique : même les comptes officiels de ceux dont le nom est connu s’avèrent très souvent vides. Mais à cet égard, et j’ai surtout le monde de l’IT en tête, ça ne dépend pas tellement des réseaux sociaux mais plus de deux choses :

  • Du besoin de créer du contenu, de se mettre en valeur en pourrissant le monde de savoirs tout à fait simplistes et déjà mille fois expliqués.
  • De l’envie mal construite d’échanger, quand en fait, comme vous le soulignez avec des mots très justes, l’échange et le débat trouvent rarement leur place. D’ailleurs y ont-ils vraiment une place ? Je ne pense pas.

J’ai une vision plus complexe de la chose mais je n’ai pas envie de dédier 30 minutes à ce commentaire, vous me pardonnerez. Pour rester simpliste, je crois que les réseaux sociaux n’ont que le rôle de tisser des liens (et s’en servir à des fins économiques).

Alors, qui est coupable ?

Internet est devenu un outil à la portée de tous, et personne n’a les mêmes valeurs. J’accuse les réseaux sociaux de bien des maux, mais dans aucun des faits que je leur reproche les réseaux sociaux sont seuls coupables de tout.

En bref, le contenu dépend des liens qu’on tisse avec d’autres membres. On peut accuser un outil de simplifier le mal, ses concepteurs d’en être en partie responsable, mais je pense que le problème est ailleurs. L’offre suit la demande, après tout.

Réactions propre à l’article de Damien Delurier

Avant de vous quitter, j’aimerais revenir sur deux-trois choses que vous dites.

Il n’est en rien question de sociabilité sur ces plateformes. Par sociabilité, j’entends par là la capacité d’un groupe d’individus à évoluer en société. Or point de « vivre ensemble » quand tous opèrent en meutes.

Je ne pense pas que la sociabilité mène, par définition, à « l’évolution ». La définition de Larousse semble aller dans ce sens.

Je pense aussi que le « vivre ensemble » ne tient pas de la sociabilité, même si j’entends que vous aspiriez (peut-être avec utopie ?) à un respect global, une humilité forçant à écouter ou partager plutôt qu’à vouloir convaincre et briller. Finalement pour ma part, j’ai décidé de retourner sur Twitter en choisissant ma « meute », celle qui partage comme j’aime partager. Autrement dit, en choisissant qui je voulais lire, simplement.

Aucun dialogue possible. Dialoguer, c’est co-construire une situation nouvelle où chacun amène quelque chose, ce qui crée un nouveau scénario ou une nouvelle situation.

Votre définition est ici votre utopie (celle dont je rêve, aussi) mais n’est pas la définition du mot lui-même.

Mais encore, cela dépend des personnes avec qui vous engagez un dialogue. Je n’ai pas pour ma part rencontré cela sur Twitter, en tous cas depuis des années. Alors, de là à dire que c’est le réseau social qui mène à ces mauvais débats… Peut-être qu’elle ne l’incite pas assez à votre goût, mais je crois qu’un réseau social a la volonté de tisser des liens, pas d’en faire des bons selon une idéologie bien définie.

Même les réseaux sociaux qui s’engagent sur cette voie, Quora par exemple, finissent avec les mêmes personnages ayant raison sur tout sans aucune expertise ni même aucune lecture. Comment faire ? Je ne sais pas. Est-ce la faute des réseaux sociaux ? Je ne pense pas.

Par le jeu des commentaires réduits en caractères, il réduit même la pensée des utilisateurs.

Vous devriez lire quelques poésies ou quelques haikus ! Haha, je ne doute pas une seconde que vous ayez déjà emprunté cette lecture, mais j’aime souligner que ce qui est réduit n’est pas forcément plus petit. 😉

Et puis encore, les gens écrivent ce qu’ils pensent, et je ne suis pas convaincu que plus de caractères changerait grand chose. Facebook le démontre très bien.

Conclusion

C’est tout pour moi, c’est un sujet intéressant mais aussi très profond. Je ne me crois pas assez sage pour détenir la vérité, mais je pense qu’il faut fuir les généralités et tenter de définir les vrais coupables de ce qu’on accuse.

En tous cas je suis votre blog depuis un petit bout de temps, et vous lire s’est souvent avéré agréable. Je vous souhaite une belle continuation, sur votre blog et ailleurs !